La paroisse Saint-Lambert de Ligny

 

 

L’EGLISE SAINT-LAMBERT

 

L'église paroissiale est un pur exemple de l'art néo-gothique anglais qui fit fureur dans la seconde partie du 19ème siècle. L'auteur des plans, l'architecte gembloutois Darquenne-Petit, disciple de Jean-Baptiste Béthune, auteur de l'abbatiale de Maredsous, nous a laissé un monument religieux de belle prestance, construit en moellons calcaires extraits de l'ancienne carrière Dumont (actuel étang de Ligny-Carrières). Ce qui distingue l'église, ce sont les 3 superbes vitraux du chœur et les 14 vitraux-tableaux très colorés des basses nefs, dons de la population, les fonts baptismaux des 16ème et 17ème siècle, le mobilier de la sacristie et deux superbes monuments funéraires témoins du riche passé noble de Ligny.

 

 

Une restauration exceptionnelle en 1997

 

Les travaux engagés en 1997 portaient sur le gros œuvre extérieur. En effet, de nombreuses crevasses étaient apparues dans les murs et les contreforts. L’édifice ne menaçait pas ruine mais méritait une sérieuse remise en état sous peine de connaître un désastre dans la décennie. Le chantier s’est orienté vers la réfection des toitures afin de résoudre les nombreux problèmes d’infiltration, le rejointoiement de plusieurs façades, la consolidation des contreforts. Le budget engagé était de l’ordre de 17 millions de francs de l’époque (421.419 euros) heureusement subventionnés par les pouvoirs publics dans le cadre du plan triennal des travaux de la commune.

L’on se souviendra des échafaudages gigantesques qui ont corseté l’église pendant de longs mois. La pose du nouveau coq a fait par ailleurs l’objet d’une magnifique cérémonie que de nombreux enfants ou habitants de Ligny gardent en mémoire.

 

Restauration intérieure définitive en 2007

 

L’état pitoyable de l’église faisait peine à voir : les peintures écaillées, les traces de coulées de ciment résultant de la restauration extérieure, les vitraux fortement endommagés, un éclairage et une sonorisation caducs. L’année 2007 a vu le projet de restauration être mis entièrement en œuvre. Le maître d’œuvre était la commune de Sombreffe et l’INASEP agissait en qualité de bureau d’études. Les travaux ont l’objet d’une intervention des pouvoirs publics tant régionaux que communaux. La facture globale a été estimée à 300.000 euros.

Commencés début août, les travaux se sont terminés en novembre. Tout a été remis à neuf.

Les vitraux, dont la restauration avait débuté en 2002, ont été entièrement restaurés par les Ets Debongnie de Blanmont. Les compositions (1932-1936) du maître verrier Spreeters de Bruxelles ont ainsi été rafraîchies, les dégâts occasionnés aux magnifiques vitraux néogothiques du chœur ont bénéficié d’une restauration exemplaire. Et, en action de grâce et pour couronner le tout, la paroisse a offert à l’église un vitrail rosace dont le thème est la Passion du Christ. Cette œuvre hypercontemporaine est de toute beauté et impressionne fortement ses admirateurs.

 

 

 

 

Vitrail symbolique sur le thème de la Passion du Christ.

Le motif représente une fleur de passiflore. Les 6 pétales mauves symbolisent les six jours de la Semaine Sainte et le cœur jaune le jour de Pâques, chemin vers la Lumière. La couronne de filaments rouges est la couronne d’épines, le rouge étant la couleur du martyre. Dans le motif central, les cinq étamines représentent les plaies du Christ et les trois anthères figurent les trois clous. (Rita et Bernard Debongnie, Blanmont)

La peinture de toute l’église, y compris les sacristies et les combles a transformé totalement l’intérieur de l’église. Grâce à une étude approfondie des coloris menée par Rita Debongnie, le choix s’est porté vers des couleurs chaudes tout en restant d’une grande discrétion et en accord parfait avec l’architecture générale du bâtiment : la nuance générale est le blanc coquille d’œuf intense, les arcades et les intrados étant soulignés par des tons ocres progressifs. C’est extrêmement lumineux tout en baignant les visiteurs ou les paroissiens dans une atmosphère de profond recueillement. C’est, selon l’avis général, une grande réussite.

Toute l’installation électrique a été rénovée avec pour conséquence  des luminaires performants et modernes, des appareils électriques chauffant les sacristies.

Par ailleurs, la sonorisation a été elle aussi renouvelée par l’installation de nouveaux diffuseurs, un ampli et des micros « baladeurs ».

Enfin, l’orgue a bénéficié d’une restauration complète par le facteur d’orgues Françoise Gomerée de Sainte Marie sur Semois.

Le 10 février 2008, une grande manifestation organisée par la fabrique d’église et la commune de Sombreffe fêtait la réouverture de l’église.

 

 

Messe concélébrée par MM. Les abbés André Ferard, doyen de Gembloux, Guy Van Schoutte, curé de Sombreffe, Christophe Rouard, recteur du sanctuaire de Beauraing, Georges Regnier, prêtre à Sombreffe et Joseph Biyaga, prêtre desservant de la paroisse de Ligny. (Ligny, 10 février 2008)

 

 

 

 

Le Fonds de Restauration de l’Eglise Saint-Lambert

 

Créé en 1997, le Fonds a pour objectif de compenser les dépenses d’embellissement de l’église qui ne sont pas prises en charge par la fabrique d’église ou par les autorités publiques. Il sert, avant tout, à marquer la volonté de la communauté paroissiale de s’impliquer financièrement dans son édifice de culte et à exprimer toute sa solidarité vis-à-vis de la communauté communale dans l’intégralité des convictions qui s’y manifestent.

Il faut savoir que les fonds récoltés depuis 1997 se sont élevés à quelque 25.000 euros. Parmi ses interventions les plus significatives, on mentionnera le vitrail rosace de la Passion, le mécanisme automatique de la grande horloge, la nouvelle sonorisation.

 

Des traces exceptionnelles du passé

 

L’église Saint-Lambert n’est pas ce qu’on qualifierait un édifice remarquable et historique. Néanmoins, elle contient deux très beaux témoins d’un riche passé : ses fonts baptismaux et des pierres tombales remarquables en l’honneur de deux de ses seigneurs.

 

 

 

 

Les fonts baptismaux en belle pierre de Ligny présentent des parties datées des 16e et 17e siècles.
La coupole daterait du 18e siècle. L’ensemble a été restauré en 2007 par le dinandier Clabots (Leffe-Dinant) et installé dans le chœur où sa fonction première a été réactivée.

 

 

 

 

 

Pierre tombale (XVIIe siècle) de Messire Charles d’Argenteau, seigneur de Ligny, préservée lors de la reconstruction de l’église en 1893-1894.

Représentation d’un superbe chevalier couvert de l’armure complète et des habits militaires dignes de son rang et de son grade. On distingue les coquilles Saint-Jacques du pèlerin, l’épée et les gants. L’encadrement aligne une multitude de blasons : Argenteau, La Haye, Trazegnies, Fauqué, Jupplen, Hosden, Lombeek et Senzeilles.

 

 

 

 

 

Pierre tombale du chevalier Franchois delle Haye et de son épouse Jeanne de Faulqué (XVIe siècle).

 

 

Lieu de rassemblement

 

Outre la célébration des offices, l’église Saint-Lambert accueille de nombreuses manifestations de la vie associative de Ligny. On y croise aussi librement les Grognards de l’Empire qui défilent lors des Journées napoléoniennes ou les membres de l’Europassion invités par leurs confrères du Jeu de la Passion de Ligny et qui se rassemblent en congrès une fois l’an en un lieu où se joue une Passion du Christ.